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Guérir d’une addiction : reprendre la maîtrise de sa vie !



De tout temps, un des défis de l’humanité a été, est et sera de gérer ses addictions. Elles n’ont jamais manqué, ne manquent pas et ne manqueront probablement jamais ! Il y a des addictions reconnues comme telles (alcool, drogues...) et d’autres moins reconnues et pourtant bel et bien addictives (sucre, shopping, travail, etc.).





Qu’est-ce que l’on trouve comme addictions ? :

-  Les addictions liés à la consommation de produits qui altèrent la conscience et le discernement : l’alcool, le tabac, les stupéfiants, certains médicaments psycho-tropes, les produits hallucinogènes, le sucre, les produits gras...
-  Les addictions liés à certaines activités : le sport et certains sports à risque, dont certaines formes constituent une addic-tion, le sexe également, le jeu (casino réel ou virtuel, paris sportifs, consoles de jeux), le shopping sous certaines formes, parfois aussi le vol, etc.
- Les addictions au travail : nombre d’Occidentaux sont addicts à leur travail, qui en devient une drogue. La recrudescence de burn-out en est la conséquence.
-  Les addictions liées à une personne : comme être addict à une relation, dépendant, dans l’obsession d’une personne.
- Les addictions liées à une idéologie : à une religion, etc.
-  Les addictions à la technologie : notre époque contemporaine et ses mille outils électroniques propulsent nombre de jeunes et moins jeunes dans les addictions aux smartphones, PC, réseaux sociaux, JT, etc.
- Les addictions seront encore plus fortes par synergies si combinées entre elles (ex souvent, l’alcool et le tabac sont asso-ciés dans les activités sociales récréatives).
Comme toutes ces activités sont aussi des activités du quotidien, qu’est-ce qui différen-cie un fumeur occasionnel de cigares pour le plaisir d’un fumeur addict au tabac ?

Quels sont les déterminants des phénomènes addictifs ?

Au sens phénoménologique, l'addiction ou dépendance, est une conduite qui repose sur une envie répétée et irrépressible de s’adonner à une activité qui procure un plaisir immédiat, « brut » ou rapide, d’une certaine intensité. Le shoot de cocaïne est une excellente représentation.
L’addiction s’accompagne pour la personne de la conscience, le plus souvent, que l’addiction lui est néfaste, mais que le besoin semble irrépressible.
Une fois la consommation passée, il y a une forme de manque qui réenclenche la spirale du besoin et de la consommation. Le manque constitue une forme de « descente » qui est souvent inconfortable, voire désagréable.
De plus, dans de nombreux cas, ce mécanisme s’accomplit en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s'y soustraire, qui souvent manquent d’efficacité. Le sujet se livre à son addiction (utilisation d’une drogue ou participation à un jeu d’argent), malgré la conscience aiguë qu’il a — le plus souvent — d’abus et de perte de sa liberté d’action ou de leur éventualité.
Le phénomène de manque caractérise assez naturellement toutes les addictions, entre les consommations, quand il y a privation d’un besoin non vital (la consommation de tabac n’est pas vitale, respirer de l’air sain oui). Qui dit manque, dit vide intérieur dans l’être. C’est donc parce qu’il y a un vide intérieur, une déconnexion avec soi-même que l’addiction vient donner l’illusion de remplir ce manque.



L’addiction vient nourrir un manque de l’ « Être », un vide intérieur pour un « faire » (faire le comportement addictif).
Ce qui est paradoxal, c’est que la personne soumise à une addiction a un sentiment assez puissant de se contrôler et de contrô-ler le monde alors qu’en réalité, elle est sous contrôle de son addiction. En outre, l’addiction est dite plus sérieuse si son sevrage entraîne de la violence ou de l'agressivité. Certains sevrages sont réelle-ment difficiles quelques jours sur le plan phy-siologique (alcool, drogue, etc.), souvent pas plus que 2 à 5 jours.
La plupart des addictions s’accompagne sou-vent d’une accoutumance qui va organiser une spirale d’amplification de l’addiction telle que l’accoutumance à l’alcool qui va engen-drer un besoin de plus d’alcool pour le même effet.
Il est à noter que l’addiction organise divers processus psychiques, comme la frustra-tion du manque, l’obsession de planifier la consommation, la recherche des substances ou activités. Ceci crée une tension forte dans l’être qui est alors tendu en permanence.
Enfin, l’addiction est souvent organisée par un système économique peu lumineux et toxique basé sur l’appât du gain facile qui encourage l’addiction et valorise d’une certaine façon le résultat de l’addiction. Il faut considérer l’addiction dans son environnement, dans le système global, pour la comprendre et la démonter.
Par exemple, certaines addictions sont organisées par des réseaux criminels qui vont tout mettre en œuvre pour rendre l’accès au produit facile (ex : l’accès simple de la pornographie sur le web, les campagnes de promotion de l’alcool et du tabac auprès des jeunes, etc.).

Besoin vital ou compensation ?

L’addiction ne vient pas nourrir un besoin fondamental comme celui de manger chaque jour mais elle va détourner nos besoins et manques pour compenser un maximum de plaisir comme celui de focaliser tout le plaisir de vie sur la nourriture en mangeant trop, mal équilibré.
Les addictions doivent concerner plus d’un humain sur deux, a minima au cours de leur vie. Les stigmatiser n’a aucun intérêt, hormis amplifier le phénomène, dès lors que nombre de gens en traversent dans leur existence.
L’addiction constituant une recherche de plaisir rapide et intense, nous la qualifions de plaisir « brut » dans le sens où ce plaisir n’élève pas l’humain au moment de la consommation. Comme ce plaisir est « brut » et que le sujet ressent que cela lui nuit, il s’ensuit une culpabilité qui isole le sujet. Cela amplifie son malaise et le pousse à consommer encore plus. C’est pour cela que les spirales addictives demandent à être conscientisées pour être tranchées.

Les stratégies de thérapie des addictions

Il n’y a pas une bonne méthode pour se libérer d’une addiction, il s’agit surtout de faire se rencontrer le ou les outils, la personne au bon moment et souvent, un professionnel qualifié pour ceci (psychothérapeute, médecin, acupuncteur, etc.).
Chacun sait que toute stratégie sera plus efficace si elle est individualisée car nous sommes tous singuliers avec notre histoire, nos états d’âmes et notre quotidien.
Supprimer le produit ou sa source est pré-caire, car en supprimant un plaisir, on laisse un grand vide intérieur béant, qui pousse à être compensé par une rechute de l’addic-tion ou une autre. Il arrive que les personnes qui arrêtent de fumer compensent par la nourriture et prennent 10 kg !
Il importe d’identifier les mécanismes de l’addiction car, parfois, la simple prise de conscience du processus organise la répul-sion, partielle ou totale de l’addiction.
L’identification par la personne de la sé-quence de l’addiction (sensation de manque, recherche de consommation, consommation, plaisir, détente, culpabilité, isolement, retour à la case départ) permettra également de perturber cette séquence. Là où beaucoup de gens n’imaginent pas avoir prise sur cette séquence, il s’agit de les aider à redevenir maîtres d’eux-mêmes plutôt que d’être do-minés par l’addiction, c’est-à-dire perdre sa liberté et sa souveraineté intérieure.
La véritable stratégie consiste à associer la transition des plaisirs « bruts » en plaisirs « sains », c’est-à-dire aider le sujet à redé-velopper des plaisirs où la relation avec l’ac-tivité est agréable, détendue et nourrit des besoins profonds, à différents niveaux (besoins d’accomplissements, besoins de sens, besoins d’engagements, etc.). Par exemple, une relation sexuelle dans l’amour est pour la plupart d’entre nous plus nourrissante que visionner de façon obsessionnelle un film pornographique. Cette transition exige de développer de nouvelles compétences, de rechercher les manques et les guérir. Cela de-mande un travail profond sur l’identification des blessures principales de l’être concerné telle que l’injustice, l’abandon, le rejet, la trahison, l’humiliation.

La plupart du temps, éloigner la possibilité de consommer aidera au changement de milieu et de comportement pour introduire des modifications systémiques structurelles bien nécessaires. Dans certains cas, l’appui de professionnels est extrêment important (sevrage d’alcool, sevrage de médicaments, etc.), car la ces-sation brusque de la consommation peut entraîner des risques de problèmes de santé.
Le travail de guérison des addictions ne manque pas vu la quantité de produits et d’activités addictives disponibles en ce siècle. Mais le défi est magnifique car, pour chaque soustraction réussie à une addiction, c’est l’humanité tout entière qui en sort grandie !
Guérir d’une addiction, c’est en quelque sorte décider de devenir soi-même sans influence néfaste. C’est oser être qui on est, exprimer le meilleur de nous. Et pour para-phraser Oscar Wilde : « Cherchez à devenir vous-mêmes, les autres sont déjà pris ».

Raphaël DUGAILLIEZ
raphael@agendaplus.be



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