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Manger et respirer en conscience Nourrir le corps, l’âme et l’esprit



Nous connaissons tous l’adage populaire selon lequel on peut survivre 3 semaines sans manger, 3 jours sans boire et 3 minutes sans respirer. La respiration est donc notre « première nourriture » et, pourtant, c’est probablement celle que nous négligeons le plus. Associée à l’acte de « manger », elle serait même particulièrement bénéfique. Inspiration…





La vie commence avec le premier souffle et se termine avec le dernier. Et, généralement, à mesure que nous vieillissons, nous respirons de plus en plus superficiellement. Nous cap-tons ainsi de moins en moins d’oxygène. Or, l’oxygène est un des principaux carburants de notre corps et nous le négligeons. Nous avons perdu l’importance de bien respirer et plus particulièrement de bien respirer en man-geant. Dans nos sociétés, l’acte de « manger » est devenu quelque chose que nous faisons quasi automatiquement, comme si c’était juste pour remplir un espace creux dans l’es-tomac. Il est pourtant essentiel de nous rap-peler qu’être conscient de manger, de respirer et d’associer les deux harmonieusement est fondamental à notre équilibre et à notre santé physique, psychique et énergétique.

Etre conscient

Être conscient de l’acte de manger et de res-pirer signifie que nous pensons à la qualité et la quantité d’aliments que nous offrons à notre corps et à la façon dont ils affectent notre santé ; cela signifie s’arrêter, être présent et prendre le temps de planifier ce que nous allons manger ; cela signifie préparer le repas en conscience et, au moment du repas, être conscient des sensa-tions internes liées à la respiration et à l’acte de manger. La façon dont nous mangeons est donc très importante.
Avant de manger sans réfléchir, prenons un moment pour conscientiser l’instant présent, percevoir les sensations internes et, éventuel-lement, répondre aux questions suivantes : ai-je faim, vraiment faim, ou est-ce que je m’ennuie ou cherche quelque chose à combler ? Comment cette nourriture me fera-t-elle sentir après l’avoir absorbée : mieux, parce que j’aurai mangé quelque chose de sain dont mon corps avait besoin, ou mal parce que ces aliments étaient plein de sucres, de produits chimiques ou de graisse… ?

Repas conscient
Voici quelques pistes à essayer afin d’éva-luer, pour soi, les changements progressifs :
• le lieu : mangeons à une table, pas à notre bureau, dans la voiture ou devant la télé ;
• l’intro : faisons une petite pause avant de commencer, en faisant trois longues respirations en toute conscience ;
• l’attitude : mangeons lentement, consciemment, en explorant et appré-ciant chaque bouchée, tout en conti-nuant à respirer profondément ;
• la faim : mangeons jusqu’à ce que notre faim disparaisse, pas jusqu’à ce que nous soyons remplis (lorsque nous atteignons ce point, c’est que nous avons déjà trop mangé…).
Et « dessert ou pas » : gardons toujours un peu de place… pour respirer !


Respirer au présent

La respiration consciente est certainement l’une des techniques les plus efficaces pour nous empêcher de manger n’importe quoi et n’importe quand. Au début, nous pouvons nous aider avec des petits « mémos respira-toires » : une gommette discrète sur notre montre ou notre portable, un post-it sur un miroir, notre écran d’ordinateur ou dans la voiture, une petite pierre dans la poche, un noeud dans le mouchoir, … tout est bon pour se rappeler encore et encore de respi-rer consciemment. Mais qu’est-ce au juste qu’une respiration consciente ? C’est une respiration lente et complète, c’est-à-dire qui remplit la totalité des poumons et à laquelle nous sommes présents.
La prochaine fois que nous nous asseyons pour un repas ou une collation, prenons un moment pour pratiquer cette respiration glo-bale, tout en revenant à l’instant présent, ici et maintenant, en nous connectant au bonheur tout simple d’être là. Si le cadre le permet, nous pouvons même fermer les yeux, c’est encore mieux, ne fût-ce que pour trois respira-tions conscientes. Remarquons que notre corps s'adoucit et se relaxe à chaque respiration. Laissons notre souffle nourrir chaque cellule et nous remplir d’un sentiment de plénitude. Ensuite, ouvrons les yeux et commençons à manger. Essayons de maintenir le même sen-timent de plénitude que nous ressentions en respirant. Et dès que nous commençons à ne plus nous sentir aussi bien, léger et libre avec notre souffle, arrêtons de manger. Avec l’ex-périence, nous pourrons même nous arrêter avant les premiers signes d’inconfort. Et, au lieu de garder « une p’tite place pour le des-sert », nous en garderons une pour respirer !
Des respirations profondes et douces, énergi-santes et relaxantes. Miam ! Si nous intégrons la respiration consciente dans notre vie et apprenons à développer des respirations plus profondes et globales tout au long de notre journée, nous aurons naturel-lement et automatiquement plus d’énergie, nous mangerons moins et notre sommeil sera davantage régulé.

La respiration globale
Cette technique de respiration peut être ef-fectuée en position assise ou allongée. L’idée est de remplir complètement les poumons. Remplir le corps avec de l’air, c’est comme remplir un verre avec de l’eau : d’abord, le fond se remplit, puis le milieu, puis le haut. Nous inspirons donc lentement en amenant l’air d’abord dans le bas de l’abdomen (il gonfle avec l’inhalation), puis dans la zone médiane en ouvrant et en élargissant la cage thoracique vers le haut et sur les côtés. Ensuite, nous continuons à inhaler sous les épaules pour remplir complètement la par-tie supérieure des poumons. Vider le corps se fait dans l’ordre inverse : l’oxygène est d’abord exhalé par les poumons supérieurs, puis par les côtes et enfin par le bas de l’ab-domen. Nous pouvons légèrement contrac-ter les muscles abdominaux à la fin de l’ex-piration pour faire sortir tout l’air restant. Cette respiration est apaisante et relaxante. Elle mobilise la pleine capacité des pou-mons, en éliminant l’air vicié et les toxines. Elle garde la poitrine et les poumons souples et détendus. Elle augmente l’énergie globale et améliore la digestion et l’élimination.


Respiration et suralimentation

Tout le monde a déjà fait l’expérience d’avoir trop mangé et d’avoir été mal à l’aise ensuite. Une partie de cet inconfort est liée au fait que lorsque nous mangeons trop, il est plus dif-ficile de respirer. Il n’y a plus assez de place pour que les poumons s’expansent harmo-nieusement. Notre diaphragme est contraint de remonter dans la région de la poitrine et limite ainsi notre capacité pulmonaire. Sou-vent, ces sensations s’accompagnent d’un vécu émotionnel de culpabilité ou de honte. Parfois même de dégoût et d’auto-jugement. Au niveau subtil, cette saturation génère éga-lement un ralentissement de la circulation énergétique et une sensation d’avoir « quitté son axe ».
En ce sens, apprendre à connaître le fonction-nement de son corps, ses limites et la pratique de la respiration consciente peuvent être très utiles ! Apprendre à respirer et à manger en conscience dissout progressivement les pro-blèmes de suralimentation. Car le souffle est lui-même nourriture. Il aide à nous ouvrir et à investir notre corps afin que nous puissions sentir tout le plaisir et la joie qui, en potentiel, peuvent être ressentis à chaque instant. Non seulement la respiration consciente, avant, pendant et après un repas, nous détend et réduit le stress, mais elle améliore également nos perceptions sensorielles, augmentant ainsi notre conscience et notre plaisir. Or, le plaisir est crucial pour notre santé et notre bien-être !

Olivier Desurmont

RÉFÉRENCES :
« Manger en pleine conscience » de T. Nhat Hanh chez Pocket
« Le yoga de la nutrition » d’O. Mikhaël Aïvanhov chez Prosveta
« L’art de bien respirer » de D. Penman chez Odile Jacob.



Paru dans l'Agenda Plus N° 299 de Juillet 2018
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