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La Biodynamie au service de la Terre et des Hommes



En favorisant une plus grande biodiversité des sols et en renforçant la santé des plantes, la biodynamie est une agri-culture durable par excellence et même curative.



L’agriculture biodynamique est un mode d’agriculture biologique qui considère que des aliments de qualité ne peuvent être produits que sur une terre en pleine santé.
L’utilisation massive de produits chimiques en agriculture ces dernières décennies a, en effet, appauvri la qualité des sols et des plantes partout sur la planète.
Plusieurs études mettent en évidence les effets positifs de la biodynamie, notamment celle réalisée sur plus de 20 ans par le FIBL(1), centre de recherche de référence en Europe. Ainsi, tout en soignant la terre, la biodynamie œuvre : à nourrir la Terre et les Hommes ; à respecter le vivant, les rythmes et le terroir ; à renforcer la vie du sol et la santé des plantes ; à créer des éco-systèmes agricoles équilibrés.

Nourrir la Terre

La base de toute agriculture et même du jardinage démarre avec des sols sains et fertiles. C’est la raison pour laquelle un sol vivant est la pierre angulaire de l’agriculture biodynamique. Apporter du compost ou de la matière organique participe à ce processus d’équilibre et de vie du sol. Le sol est nourri et, en retour, il nourrit les plantes naturellement.
Le mode de compostage biodynamique avec l’ajout des préparations à base de plantes médicinales a fait ses preuves. Il transforme les fumiers en un compost plus équilibré et fécond pour les sols.
Afin d’accroître davantage la fertilité de ses terres, l’agriculteur ou le jardinier en biody-namie utilise également les rotations des cultures (éviter de cultiver en permanence la même culture au même endroit) et la pro-duction d’engrais verts (végétaux cultivés et enfouis dans le sol).

Nourrir les Hommes

Nous oublions souvent que nous ne nous nourrissons pas seulement avec les aliments qui entrent dans notre tube digestif. L’air que nous respirons, les perceptions par les organes des sens, en particulier la vue, sont des éléments essentiels de notre nutrition, notamment psychique. Ceci est vrai aussi pour les animaux. Le développement de la nature est inséparable d’un travail conscient avec les relations écologiques entre le sol, les plantes, les animaux et l’Homme. Un environnement naturel équilibré est une condition essentielle pour des récoltes et un élevage en bonne santé.
L’agriculteur en biodynamie façonne et entretient le paysage. Par son travail, il contribue au maintien de la biodiversité. Sur des exploitations en biodynamie, l’animal ne se limite pas à être un facteur économique. Il est un être animé qui joue un rôle important dans la ferme en lien avec les plantes et le sol. Tous les animaux de la ferme bénéficient de soins humains. L’élevage n’est pas seulement effectué conformément à l’espèce mais aussi conformément à sa nature propre.
C’est pour cela qu’en biodynamie, on refuse d’ôter les cornes aux vaches ou de couper les becs aux poules. Ainsi la qualité de vie des animaux est améliorée, et, par conséquent la qualité des aliments qui en sont issus également.

L’écosystème agricole

L’un des objectifs de l’agriculture biodynamique est la réalisation d’organismes agricoles. Le domaine agricole fonctionne alors comme une entité : il est diversifié et le plus autonome possible sur le plan de la fumure, des semences ou des fourrages.
Au cœur de tels domaines agricoles, l’élevage a une place prioritaire, en particulier par la présence de bovins. Les animaux mangent l’alimentation produite sur la ferme et leur fumure nourrit le sol et les plantes, tel un cercle vertueux.
Ce type d’écosystème agricole associe l’élevage d’espèces adaptées au lieu (en nombre et en diversité) et les productions végétales diversifiées (prairies, céréales, cultures légumières, arboriculture fruitière). L’agriculture biodynamique contribue ainsi au maintien et à la formation de paysages harmonieux dans un environnement équilibré.

Respect du vivant

L’agriculture biodynamique attache une grande importance au respect et au renforcement des processus de vie : germination, croissance, maturité. C’est à ce titre que les agriculteurs en biodynamie utilisent chaque année des préparations à base de bouse de vache ou de quartz pour stimuler la vie des sols, la croissance et la santé des plantes. Ainsi, elles poussent en harmonie avec leur propre nature et les aliments en sont d’autant plus savoureux.
En prenant en compte une dimension plus vaste de ce qu’est le vivant, l’agriculture biodynamique permet d’améliorer la fertilité des sols en agissant sur les processus d’assi-milation des minéraux ou en favorisant la présence de vers de terre et de micro-organismes. Cet équilibre de la vie du sol induit un développement harmonieux des végétaux qui y poussent sans appauvrir les sols. Et tout cela pour le bienfait du consommateur qui trouve ensuite des aliments remplis de vie.
Pour toutes ces raisons, l’agriculture biodynamique s’oppose au brevetage du vivant ainsi qu’à l’utilisation d’OGM (organismes génétiquement modifiés).

Respect des rythmes

Nombre de jardiniers regardent les cycles lunaires avant leurs semis pour utiliser les périodes favorables. Ce savoir populaire a aussi été repris par les producteurs en bio-dynamie et élargi aux influences de la périphérie cosmique (lune, soleil, planètes, etc.).
Les rythmes cosmiques influencent notre planète et tous ses habitants. Les recherches effectuées depuis des années sur les positions des planètes et des étoiles s’efforcent de prouver leurs effets sur le travail agri-cole. Des chercheurs comme Maria Thun ou Harmut Spiess (de l’université de Bâle) travaillent depuis des années sur ces thèmes.
On a ainsi découvert que les semis réalisés avant la pleine lune produisent des légumes particulièrement savoureux. La croissance se fait d’une façon plus harmonieuse, les fruits sont pleinement mûrs. Ils développent leur arôme caractéristique et nourrissent ainsi le corps, l’âme et l’esprit.
Les agriculteurs en biodynamie prennent en compte ces rythmes cosmiques et saisonniers, non pas de manière dogmatique, mais en pleine conscience et de manière pratique. Les préparations biodynamiques sont pulvérisées sur le sol et les plantes suivant les saisons, à des moments spécifiques de la journée, pour respecter les rythmes biologiques comme le rythme circadien lié aux alternances jours/nuits et qui régule le repos et la veille.
Ces chercheurs ont ainsi découvert que la silice capte l’influence des planètes lointaines aux cycles très lents, le calcaire est plus sensible aux planètes proches en orbites plus rapides et l’argile joue le rôle de médiateur. L’eau quant à elle transmet l’action de la Lune, l’azote est en lien avec l’astral, l’oxygène est en lien avec l’éther et le soufre est plus spirituel, tandis que le carbone est le sculpteur des formes. L’humus n’est pas nourricier mais plutôt porteur de radiations vitals. Cela peut paraître ésotérique, mais c’est surtout singulièrement beau et porteur de sens aux oreilles qui savent écouter et aux yeux qui savent voir.

Préparations biodynamiques

En biodynamie, on utilise des recettes pra-tiques aussi précises qu’étonnantes. Le compost de déchets est disposé en monticules, feuilleté en couches minces, saupoudré de calcaire. On stimule la terre avant les se-mailles en pulvérisant des dilutions de bouse ou de quartz pilé qu’on a versées dans des cornes de vaches et enterrées tout un hiver ou un été. On dynamise le fumier par des fleurs d’achillée enfermées dans des vessies de cerf, de la camomille dans des boyaux de bovidés, de l’ortie enfouie pendant un an sur un lit de tourbe. On lutte contre les maladies avec des décoctions de prêle, de l’écorce de chêne émiettée et bourrée dans un crâne d’animal, du pissenlit cousu dans des intestins de bovins. Contre les ravageurs, on répand des cendres d’insectes ou de peaux de mulot.
< Les préparations biodynamiques, dont les méthodes d’élaboration et d’emploi ont été données par Rudolf Steiner (voir la page “D’où vient la biodynamie ?”), peuvent être considérées comme de véritables remèdes pour soigner la terre malade et vieillissante.
A l’origine, elles sont au nombre de 8 : 2 pré-parations à pulvériser sur les cultures et 6 à introduire dans les composts. Ces préparations doivent être brassées dans l’eau durant une heure avant d’être pulvéri-sées (dynamisation par vortex). A l’image de la médecine homéopathique, les quantités employées sont très faibles : par exemple, une centaine de grammes dans un volume de 30 à 50 litres d’eau par hectare pour la bouse de corne ou encore 4 grammes par hectare seu-lement pour la silice de corne !



Equilibrer visible & invisible

Derrière le monde de la matière accessible à nos sens physiques, il y a un autre monde moins visible, tout aussi réel, que tous les physiciens quantiques connaissent bien. Il s’agit du monde énergétique. Max Planck, célèbre physicien allemand, avait commencé son discours, lors de l’acceptation du prix Nobel qui lui était décerné, en disant que : “la matière n’existe pas en tant que telle, elle n’est faite que d’une masse d’atomes tenue par une force qui amène les particules à vibrer. Il nous faut clairement comprendre cela pour atteindre de vrais progrès : le monde physique n’est que la polarité d’un monde énergétique sans lequel il n’existerait pas…”
Tout ce qui donne vie à la Terre n’est fait que d’une immense multitude de fréquences et de longueurs d’ondes différentes. Il n’y a pas de matière, pas de couleurs, pas de visuels, pas de chaleur, pas de son, pas de pensées, pas de vie, sans fréquences et longueurs d’ondes.
Le système solaire reste cohérent et en unité uniquement grâce à un échange intense de fréquences et longueurs d’ondes de toutes sortes. On ne reçoit les effets du soleil, de la lune, des planètes, des étoiles que par ce biais. Et, retirée, de son système solaire, la Terre deviendrait instantanément un caillou inerte.
Notre société du divertissement n’a pas encore assimilé que la vie sur Terre n’est rendue possible que par des mécanismes subtils qui tissent une véritable matrice énergétique d’échanges d’informations au niveau quantique (en-deçà de la matière visible). Les atomes, molécules et toute la matière visible ne représentent que la pointe émergée de ce système.
Ainsi, la biodynamie, là où elle est appliquée avec attention et respect, recrée les liens subtils entre la Terre et les systèmes énergétiques qui lui donnent vie. Elle agit comme une “médecine”, un remède sacré qui rétablit, bien au delà du lieu où elle est pratiquée, des échanges vivants et vibrants avec cette matrice énergétique que certains matérialistes tentent à tout prix d’occulter.
A la lumière de la compréhension de ce que représente la biodynamie pour la planète, et afin d’éviter qu’elle ne devienne une “recette” de plus appliquée mécaniquement, il est vital qu’elle continue à recevoir l’impulsion vivante des femmes et des hommes qui la pratiquent et, surtout, leurs énergies du Cœur. Car, c’est au travers de l’Amour que peuvent être reconnus, rétablis et renforcés les liens intimes et sacrés avec la Nature vivante et la Vie elle-même dont tout est la manifestation.

Olivier Desurmont

RÉFÉRENCES :
Etres élémentaux - Fondements spirituels de la biodynamie d’après Rudolf Steiner, d’Ernst Hagemann aux Ed. Libre & solidaire
• Pratiquer la biodynamie au jardin de Maria Thun aux Ed. Mouvement Culture Bio-Dynamique
• La biodynamie de A à Z d’Evelyne Malnic aux Ed. Sang de la Terre
• Opuscule sur la biodynamie, de J-M. Florin aux Ed. Amyris
• Mouvement de Culture Biodynamique de Wallonie : ez4u.be/biodyn • bio-dynamie.org
• demeter.fr • coulee-de-serrant.com/la-biodynamie-demystifiee



D’où vient la biodynamie ?

Dès 1924, des agriculteurs et agronomes allemands, inquiets de constater des phénomènes de dégénérescence sur les plantes cultivées, des pertes de fécondité dans leurs troupeaux ou l’emploi de substances chimiques de syn-thèse, font appel à Rudolf Steiner. Philosophe et scientifique d’origine autri-chienne, il est connu comme le fondateur d’un mouvement pédagogique — l’anthroposophie — et de diverses initiatives dans les domaines culturel, social et thérapeutique.



C’est lors de son « Cours aux Agriculteurs » que Steiner définit les fondements des tech-niques biodynamiques. Ce « cours », qui est donné sous la forme de 8 conférences prononcées au Domaine de Koberwitz en Silésie (Pologne actuelle), répond essentiellement aux préoccu-pations exprimées par les agriculteurs et agronomes participants :
Quelle est la cause de la dégénérescence des semences et de la baisse de qualité des aliments produits ? Quels effets ont les engrais chimiques sur les plantes ? Pourquoi les animaux d’élevage sont-ils affaiblis ? Com-ment améliorer les conditions sociales des ouvriers agricoles ? Comment agissent les influences cosmiques ?
En réponse à une question sur les maladies végétales, par exemple, Rudolf Steiner expliqua qu’en réalité ce n’était pas en premier lieu la plante qui était malade mais l’environnement et plus particulièrement le sol. Il fallait donc chercher les causes des prétendues maladies des plantes dans l’état du sol et de l’environnement.
De 1924 à 1935 : l’agriculture biodynamique connaît un rapide développement sur de grands domaines en Allemagne, puis en Suisse. Après la deuxième guerre mondiale, elle reprend da-vantage essor sur des fermes familiales, d’abord dans les pays germaniques, mais aussi aux Etats-Unis, puis aux Pays-Bas et ensuite dans de nombreux autres pays.
Dans les années ‘50 : Ehrenfried Pfeiffer (1899-1961), un chimiste et agronome allemand anthroposophe qui avait émigré aux Etats-Unis, fonde un institut de recherche et met au point un procédé très novateur de compostage des déchets urbains et industriels. Pour l’étude des forces de Vie, plusieurs chercheurs, en particulier Pfeiffer, mettent au point différentes méthodes morpho-génétiques : cristallisations sensibles, morpho-cromatographies, gouttes sensibles, etc… encore utilisées aujourd’hui.
Dès 1960, Maria Thun, s’appuyant sur les travaux traitant des influences des planètes, poursuit les recherches en mettant au point son célèbre « calendrier des semis » annuel.
Entre 1970 et 1980, le développement de l’agriculture biodynamique s’accélère surtout dans les pays germaniques et nordiques, ainsi qu’en Australie et Nouvelle-Zélande, avec la prise de conscience croissante des problèmes écologiques. Puis, dès les années ’90, elle poursuit son ex-tension sur tous les continents, en particulier en Asie (Inde, Chine, etc.) et en Amérique du Sud.
Aujourd’hui, l’agriculture biodynamique représente plus de 5.000 producteurs, grossistes et transformateurs certifiés Demeter (voir encadré) sur une surface de près de 150.000 hectares à travers le monde.



Paru dans l'Agenda Plus N° de
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