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Les Neurosciences



Les neurosciences rassemblent les études du système nerveux humain, de son fonctionnement, de sa structuration et de son développement. La majorité des neuroscientifiques concentrent leurs recherches sur le cerveau et son influence sur les fonctions cognitives et le comportement. Découverte.





Le champ de la recherche en neurosciences est un champ transdisciplinaire : la biologie, la chimie, les mathématiques, la bio-informatique, ainsi que la neuropsychologie sont utilisées en neurosciences. Son arsenal méthodologique va de pair avec une diversité d’approches : moléculaires, cellulaires, développementales, neurophysiologiques, cognitives, génétiques, etc.
Bien que son champ de recherches soit particulièrement étendu, on reconnaît généralement trois objectifs principaux aux neurosciences :
• comprendre le cerveau humain et comment il fonctionne ;
• comprendre et décrire comment le système nerveux central se développe, mûrit et se maintient ;
• analyser et comprendre les troubles neurologiques et découvrir des méthodes pour les prévenir ou les guérir.

Un peu d’histoire

Les premiers écrits précisant que « le cerveau humain est l'endroit où se trouve l'esprit » ont été rédigés par Alcmaeon, un étudiant de Pythagore, et remontent à près de 500 av. J.- C. Hippocrate renforce ensuite l’idée en affirmant que « le cerveau est le siège de l'intelligence ». Mais plusieurs centaines d'années plus tard, le philosophe grec Aristote (384- 322 av. J.-C.) remet tout en question lorsqu'il proclame que le cerveau humain est le mécanisme du corps pour refroidir le sang et que le coeur est le siège de l'intelligence… Finalement, c’est grâce à l'invention du microscope en 1590 que les scientifiques acquièrent une compréhension plus profonde du cerveau et de sa relation avec les fonctions humaines. Le médecin italien G. Golgi (1843-1926) est l'un des premiers chercheurs à apporter une compréhension significative de la physiologie du cerveau. Le pathologiste espagnol S. Cajal (1852-1934) émet ensuite l'hypothèse que le neurone est la plus petite unité fonctionnelle du cerveau. Golgi et Cajal reçoivent d’ailleurs le prix Nobel de physiologie et de médecine en 1906. D’autres scientifiques du XIXème siècle améliorent grandement la compréhension des fonctions cérébrales en démontrant l'excitabilité électrique des neurones. Tandis que le médecin et anatomiste français P. P. Broca conclut pour sa part que le cerveau possède plusieurs régions indépendantes, chacune responsable de différentes fonctions.

Neurosciences modernes

Les progrès les plus significatifs en neurosciences ne se produiront pas avant les années 1950 grâce à des découvertes dans des domaines connexes, tels que l’électrophysiologie et la biologie moléculaire. Les nouvelles technologies alimentent également les avancées dans la compréhension du cerveau et du système nerveux. Avec les outils modernes, les neuroscientifiques sont désormais en mesure d’étudier beaucoup plus efficacement la structure, le développement, les fonctions et les troubles du système nerveux.
Les progrès de la technologie combinés à une meilleure connaissance du fonctionnement du cerveau et du système nerveux ont mené à de nombreuses percées dans le domaine des neurosciences. Les personnes souffrant de traumatismes cérébraux et de lésions de la moelle épinière, de troubles psychologiques et de maladies du cerveau sont maintenant les bénéficiaires d'avancées scientifiques inimaginables. Ce qui était auparavant considéré comme de la science-fiction est désormais au centre de la recherche scientifique et de l'intervention médicale.

Parmi les très nombreux domaines de recherches, citons :
• les neurosciences comportementales qui tentent de comprendre comment le cerveau affecte le comportement ;
• les neurosciences cellulaires qui se concentrent sur l’étude des propriétés physiologiques des neurones qui composent le cerveau et le système nerveux ;
• les neurosciences affectives qui utilisent la recherche et l’expérimentation animale pour analyser comment les neurones se comportent par rapport aux émotions ;
• les neurosciences sociales qui essaient de comprendre comment les systèmes biologiques se rapportent au comportement et aux interactions sociales ;
• les neurosciences cognitives qui étudient la fonction cognitive chez les humains, en s’inspirant de la psychologie, des sciences cognitives et de la linguistique.



Approches

Aujourd’hui, l’étude du système nerveux passe donc par de multiples approches qui suivent néanmoins deux grandes directions :
• une approche ascendante (ou « bottomup ») qui étudie les briques de base du système nerveux pour essayer de reconstituer le fonctionnement de l’ensemble ;
• une approche descendante (« top-down ») qui, en étudiant les manifestations externes du fonctionnement du système nerveux, tente de comprendre comment il est organisé et comment il fonctionne.
Ces deux démarches, ascendante et descendante, commencent à se rencontrer à un carrefour formé par l'imagerie cérébrale et plus généralement les neurosciences cognitives.

Questionnements actuels

Certains neuroscientifiques planchent actuellement sur un certain nombre de questionsclés, telles que :
• Où l'information (la mémoire) est-elle stockée, au niveau des neurones ou ailleurs ? Les neurones pourraient-ils ne servir que de relais ou d’antennes ?
• Comment se déclenchent les maladies neurodégénératives ? (la majorité d’entre elles ont une origine encore inconnue.)
• Quelles sont les relations entre perceptions et réalité ?
• Comment expliquer les états modifiés de conscience ?
• Comment expliquer la délocalisation de la conscience, notamment dans les expériences de mort imminente ? …

Bien qu'ayant réalisé de grandes avancées ces dernières décennies, la recherche en neurosciences a encore de grandes interrogations devant elle. Son plus grand défi reste de relier la biologie (les neurones, la matière) à la psychologie (la conscience, l'esprit). Peut-être devra-telle pour cela s’ouvrir à un champ expérientiel encore plus vaste et intégrer une dimension quantique, voire transcendante ? Une vision holistique où la conscience n’est plus décrite comme un simple produit du cerveau ; ce qui revient à dire que l’esprit serait un produit de la matière... Mais au contraire, comme l’affirment toutes les spiritualités du monde : le cerveau, le monde, seraient les produits de la Conscience — la matière, une densification de l’Esprit. Ce qui est conforme au nouveau paradigme dévoilé par les recherches en physique quantique qui démontrent que plus on plonge au coeur de la matière apparente, moins on la trouve ! Dans l’infiniment intime de ce que l’on croyait « solide » se dévoile, au contraire, un océan infini d’énergies et de potentialités…

Olivier Desurmont

RÉFÉRENCES :
• « L’Homme et son cerveau - Neurosciences et psychanalyse » de C. Morin chez Odile Jacob
• « Neurosciences et cognition » d’E. Tardif & P-A. Doudin chez De Boeck
• psychologycareercenter.org/ what-is-neuroscience.html
• Wikipedia



Paru dans l'Agenda Plus N° 298 de Juin 2018
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